Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/504

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La bonne foi de mademoiselle d’Arlange ne pouvait avoir été surprise. Ou Albert était innocent, ou elle était sa complice.

Pouvait-elle être sciemment la complice de ce crime odieux ? Non, elle ne pouvait même être soupçonnée.

Mais alors, où chercher l’assassin ?

Car à la justice, lorsqu’elle découvre un crime, il faut un criminel.

— Vous le voyez, monsieur, dit sévèrement le juge à Albert, vous m’aviez trompé. Vous risquiez votre tête, monsieur, et ce qui est bien autrement grave, vous m’exposiez, vous exposiez la justice à une déplorable erreur. Pourquoi n’avoir pas dit d’abord la vérité ?

— Monsieur, répondit Albert, mademoiselle d’Arlange, en acceptant de moi un rendez-vous, m’avait confié son honneur.

— Et vous seriez mort plutôt que de parler de cette entrevue ? interrompit M. Daburon avec une nuance d’ironie ; cela est beau, monsieur, et digne des anciens jours de la chevalerie…

— Je ne suis pas le héros que vous supposez, monsieur, dit simplement le prévenu. Si je vous disais que je ne comptais pas sur Claire, je mentirais. Je l’attendais. Je savais qu’en apprenant mon arrestation elle braverait tout pour me sauver. Mais on pouvait lui cacher ce malheur, et c’est là ce que je