Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/513

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ne me revenait pas du tout, un nommé Germain. On prétendait comme cela qu’il s’était mêlé de la faute de la Thomassine, une belle fille de chez nous qui avait plu au jeune comte et qui avait disparu. Je demandai à ma femme ce que lui voulait ce propre à rien ; elle me répondit qu’il était venu lui proposer de prendre un nourrisson. D’abord je ne voulais pas entendre de cette oreille. Notre bien permettait à Claudine de garder tout son lait pour notre fils. Mais la voilà qui se met à dire les meilleures raisons. Elle se repentait, soi-disant, de sa coquetterie et de ses dépenses. Elle voulait gagner de l’argent, ayant honte de ne rien faire tandis que je me tuais le corps. Elle demandait à amasser, à économiser, pour que le petit ne fût pas obligé plus tard d’aller à la mer. On lui offrait un très-bon prix que nous pouvions mettre de côté pour rattraper en peu de temps les 300 pistoles. Le chien de pré dont elle me parla finit par me décider.

— Elle ne vous dit pas, demanda le juge, de quelle commission on voulait la charger ?

Cette question stupéfia Lerouge. Il pensa que c’est avec raison qu’on affirme que la justice voit tout et sait tout.

— Pas encore, répondit-il. Mais vous allez voir. Huit jours après le piéton lui apporte une lettre où on lui mandait de venir à Paris chercher l’enfant. C’était un soir. — « Bon, dit-elle, je partirai demain