Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/527

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— C’est vrai, monsieur, mais c’est qu’il le fallait absolument. J’ai eu bien de la peine à la retrouver, personne ne savait ce qu’elle était devenue. Heureusement mon notaire a pu se procurer l’adresse de madame Gerdy, il lui a écrit, et c’est comme cela que j’ai su que Claudine habitait La Jonchère. J’étais pour lors à Rouen ; le patron Gervais, qui est mon ami, m’offrit de me remonter à Paris sur son bateau, et j’acceptai. Ah ! monsieur ! quel saisissement lorsque je suis entré chez elle ! Ma femme ne me reconnaissait pas. À force de dire à tout le monde que j’étais mort, elle avait sans doute fini par se le persuader. Quand j’ai dit mon nom, elle est tombée à la renverse. La malheureuse ! elle n’avait pas changé. Elle avait près d’elle un verre et une bouteille d’eau-de-vie…

— Tout cela ne m’apprend pas ce que vous veniez faire chez votre femme.

— C’est pour Jacques, monsieur, que j’y allais. Le petit est devenu homme, et il veut se marier. Pour cela, il fallait le consentement de la mère. J’ai donc porté à Claudine un acte que le notaire avait préparé et qu’elle a signé. Le voici :

M. Daburon prit l’acte et sembla le lire attentivement. Au bout d’un moment :

— Vous êtes-vous demandé, interrogea-t-il, qui pouvait avoir assassiné votre femme ?

Lerouge ne répondit pas.