Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/538

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clair ; je suis bon garçon, moi, je vous donnerai un coup d’épaule. C’est gentil, hein ? Mais aujourd’hui je suis trop pressé, on me demande là-bas. Venez me voir demain matin, nous causerons. Cependant, avant de nous quitter, je vais vous allumer une lanterne pour chercher votre chemin. Savez-vous qui est le témoin que j’amène ?

— Dites, mon bon monsieur Gévrol.

— Eh bien ! ce gaillard sur ce banc qui attend M. le juge d’instruction est le mari de la victime de La Jonchère.

— Pas possible ! fit le père Tabaret stupéfié. — Et réfléchissant : Vous vous moquez de moi, ajouta-t-il.

— Non, sur ma parole. Allez lui demander son nom, il vous dira qu’il s’appelle Pierre Lerouge.

— Elle n’était donc pas veuve ?

— Il paraîtrait, répondit Gévrol goguenardant, puisque voilà son heureux époux.

— Oh !… murmura le bonhomme. Et sait-il quelque chose ?

En vingt phrases le chef de la sûreté analysa à son collègue volontaire le récit que Lerouge allait faire au juge d’instruction.

— Que dites-vous de cela ? demanda-t-il en finissant.

— Ce que je dis, balbutia le père Tabaret, dont la physionomie dénotait une surprise voisine de l’hébé-