Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/539

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tement, ce que je dis ?… je ne dis rien. Je pense… mais non, je ne pense rien.

— Une tuile, quoi ! fit Gévrol radieux.

— Dites un coup de massue, plutôt, répliqua Tabaret.

Mais subitement il se redressa, se donnant sur le front un furieux coup de poing.

— Et mon boulanger ! s’écria-t-il. À demain, monsieur Gévrol.

— Il est fêlé ! pensa le chef de la sûreté.

Le bonhomme était fort sain d’esprit, seulement il s’était tout à coup souvenu du boulanger d’Asnières, qu’il avait prié de passer chez lui. L’y trouverait-il encore ?

Dans l’escalier, il rencontra M. Daburon ; c’est à peine s’il daigna lui répondre.

Bientôt il fut dehors et s’élança le long du quai, trottant comme un chat maigre.

— Là : causons, se disait-il ; voilà mon Noël redevenu Gros-Jean comme devant. Il ne va pas rire, lui qui était si heureux d’avoir un nom. Bast ! s’il le veut, je l’adopterai. Tabaret ne sonne pas comme Commarin, mais enfin, c’est un nom. N’importe, l’histoire de Gévrol ne modifie en rien la situation d’Albert ni mes convictions. Il est le fils légitime, tant mieux pour lui ! Cela ne m’affirmerait en rien son innocence, si j’en doutais. Évidemment, non plus que son père, il ne connaissait rien de ces circons-