Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/576

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La perte de son paletot ne l’avait inquiété que sur le premier moment. À la réflexion, il s’était rassuré, se disant :

— Bast ! qui saura jamais ?

Tout avait réussi selon ses calculs, ce n’était dans son opinion qu’une affaire de patience.

Quand le récit du meurtre tomba sous les yeux de madame Gerdy, la malheureuse femme devina la main de son fils, et dans le premier transport de sa douleur, elle déclara qu’elle allait le dénoncer.

Il eut peur. Un délire affreux s’était emparé de sa mère, un mot pouvait le perdre. Payant d’audace, il prit les devants et joua le tout pour le tout.

Mettre la police sur la trace d’Albert, c’était se garantir l’impunité, c’était s’assurer, en cas de succès probable, le nom et la fortune du comte de Commarin.

Les circonstances et la frayeur firent sa hardiesse et son habileté.

Le père Tabaret arriva à point nommé.

Noël savait ses relations avec la police, il comprit que le bonhomme serait un merveilleux confident.

Tant que vécut madame Gerdy, Noël trembla. La fièvre est indiscrète et ne se raisonne pas. Quand elle eut rendu le dernier soupir, il se crut sauvé ; il avait beau chercher, il ne voyait plus d’obstacles, il triompha.

Et voilà que tout avait été découvert comme il