Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/66

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pour un voyage lointain. La femme, qui a un amant, se trouve enceinte. Elle se confie à la veuve Lerouge, et grâce à elle, parvient à accoucher clandestinement.

Il sonna de nouveau.

— Manette ! le dessert et sortez !

Certes, un tel maître n’était pas digne d’un tel cordon bleu. Il eût été bien embarrassé de dire ce qu’on lui avait servi à son dîner et même ce qu’il mangeait en ce moment ; c’était de la compote de poires.

— Mais l’enfant ! murmurait-il, l’enfant, qu’est-il devenu ? L’aurait-on tué ? Non, car la veuve Lerouge, complice d’un infanticide, n’était presque plus redoutable. L’amant a voulu qu’il vécût ; et on l’a confié à notre veuve, qui l’a élevé. On a pu lui retirer l’enfant, mais non les preuves de sa naissance et de son existence. Voilà le joint. Le père, c’est l’homme à la belle voiture ; la mère n’est autre que la femme qui venait avec un beau jeune homme. Je crois bien que la chère dame ne manquait de rien ! Il y a des secrets qui valent une ferme en Brie. Deux personnes à faire chanter. Il est vrai que, ne se refusant pas un amant, sa dépense devait augmenter tous les ans. Pauvre humanité ! le cœur a ses besoins. Elle a trop appuyé sur la chanterelle, et l’a cassée. Elle a menacé, on a eu peur, et on s’est dit : « Finissons-en. » Mais qui s’est chargé de la commission ? Le papa ?