Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/68

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d’un autre côté, si je reste ici, seul, toute cette histoire va me mettre le sang en mouvement, et comme cela, après avoir beaucoup mangé, je suis capable d’attraper une indigestion. Ma foi ! je vais aller m’informer de madame Gerdy, elle était souffrante ces jours passés, je causerai avec Noël, et cela me dissipera un peu.

Il se leva, passa son pardessus et prit son chapeau et sa canne.

— Monsieur sort ? demanda Manette.

— Oui.

— Monsieur rentrera-t-il tard ?

— C’est possible.

— Mais monsieur rentrera ?

— Je n’en sais rien.

Une minute plus tard le père Tabaret sonnait à la porte de ses amis.

L’intérieur de madame Gerdy était des plus honorables. Elle possédait l’aisance, et le cabinet de Noël, déjà très-occupé, changeait cette aisance en fortune.

Madame Gerdy vivait très-retirée, et à l’exception des amis que Noël invitait parfois à dîner, recevait très-peu de monde. Depuis plus de quinze ans que le père Tabaret venait familièrement dans la maison, il n’y avait rencontré que le curé de la paroisse, un vieux professeur de Noël et le frère de madame Gerdy, colonel en retraite.