Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/72

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Une minute ne s’était pas écoulée qu’à son tour il bondit sur le fauteuil, et étouffa un cri de surprise et d’effroi instinctif.

Voici le fait divers qui lui a sauté aux yeux :

« Un crime horrible vient de plonger dans la consternation le petit village de la Jonchère. Une pauvre veuve, nommée Lerouge, qui jouissait de l’estime générale et que tout le pays aimait, a été assassinée dans sa maison. La justice, aussitôt avertie, s’est transportée sur les lieux, et tout nous porte à croire que la police est déjà sur les traces de l’auteur de ce lâche forfait. »

— Tonnerre ! se dit le père Tabaret, est-ce que madame Gerdy !…

Ce ne fut qu’un éclair. Il reprit place dans son fauteuil, tout honteux, haussant les épaules et murmurant :

— Ah çà ! décidément cette affaire me rend stupide. Je ne vais plus rêver que de la veuve Lerouge maintenant, je vais la voir partout.

Cependant une curiosité irraisonnée lui fit parcourir le journal. Il n’y trouva rien, à l’exception de ces quelques lignes, qui pût justifier et expliquer un évanouissement, un cri, même la plus légère émotion.

— C’est cependant singulier, cette coïncidence, pensa l’incorrigible policier.

Alors seulement il remarqua que le journal était