Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/73

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légèrement déchiré vers le bas et froissé par une main convulsive. Il répéta :

— C’est bizarre !…

En ce moment la porte du salon donnant dans la chambre à coucher de madame Gerdy s’ouvrit, et Noël parut sur le seuil.

Sans doute l’accident survenu à sa mère l’avait beaucoup ému ; il était très-pâle et sa physionomie si calme d’ordinaire accusait un grand trouble. Il parut surpris de voir le père Tabaret.

— Ah ! cher Noël, s’écria le bonhomme, calmez mon inquiétude, comment va votre mère ?

— Madame Gerdy va aussi bien que possible.

— Madame Gerdy !… répéta le bonhomme d’un air étonné. Mais il continua : on voit bien que vous avez eu une frayeur horrible.

— En effet, répondit l’avocat en s’asseyant, je viens d’essuyer une rude secousse.

Noël faisait visiblement les plus grands efforts pour paraître calme, pour écouter le bonhomme et lui répondre. Le père Tabaret, tout à son inquiétude, ne s’en apercevait aucunement.

— Au moins, mon cher enfant, demanda-t-il, dites-moi comment cela est arrivé.

Le jeune homme hésita un moment, comme s’il se fût consulté. N’étant sans doute pas préparé à cette question à brûle-pourpoint, il ne savait quelle ré-