Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/96

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été écrites autrefois, soit par le comte, soit par madame Gerdy, lettres imprudentes et explicites. On les retrouvera, sans doute, et leur production serait décisive. Je les ai tenues entre mes mains, ces lettres, je les ai lues ; Claudine voulait absolument me les confier, que ne les ai-je prises !

Non ! il n’y avait plus d’espoir de ce côté, et le père Tabaret le savait mieux que personne.

C’est à ces lettres, sans doute, qu’en voulait l’assassin de la Jonchère. Il les avait trouvées et les avait brûlées avec les autres papiers, dans le petit poêle. Le vieil agent volontaire commençait à comprendre.

— Avec tout cela, dit-il, d’après ce que je sais de vos affaires, que je connais comme les miennes, il me semble que le comte n’a guère tenu les éblouissantes promesses de fortune qu’il faisait pour vous à madame Gerdy.

— Il ne les a même pas tenues du tout, mon vieil ami.

— Ça, par exemple, s’écria le bonhomme indigné, c’est plus infâme encore que tout le reste.

— N’accusez pas mon père, répondit gravement Noël. Sa liaison avec madame Gerdy dura longtemps encore. Je me souviens d’un homme aux manières hautaines qui parfois venait me voir au collège, et qui ne pouvait être que le comte. Mais la rupture vint.