Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/233

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pelle pas son nom, fut informé qu’en province, un certain nombre d’employés de son ressort portaient cet emblème du libéralisme.

— Y voyaient-ils malice ?

— Peut-être bien que non. Toujours est-il que le ministre prit une feuille de papier et y griffonna la note que voici textuellement, car je me la rappelle :

« Prier MM. les chefs de service des départements d’engager leurs subordonnés à ne point porter de chapeaux de feutre gris. »

— L’avertissement était paternel, remarqua Caldas.

— N’est-ce pas ? Mais la note du ministre tomba entre les mains de son secrétaire, un homme fort zélé, et il en changea légèrement la rédaction ; il écrivit :

« MM. les chefs de service des départements veilleront à ce que leurs subordonnés ne portent plus à l’avenir de chapeaux de feutre gris. »

Romain sourit.

— L’avis du secrétaire fut transmis à un chef de division, qui était zélé lui aussi ; il crut saisir la pensée intime du ministre et la traduisit de la sorte :