Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/248

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Caldas, qui ne tenait pas à être posé, courut au café de l’Équilibre rejoindre l’ingénue de Grenelle.

— Cher Romain, lui dit-elle dès qu’il entra, je viens te demander un petit service.

— Pourvu qu’il ne soit pas en argenterie, dit Caldas qui a déjà imprimé dix fois le mot dans le Bilboquet.

— Mon ami, c’est aujourd’hui la fête de mon propriétaire.

— Il s’appelle donc Huit Avril, ton propriétaire ?

— Juste, mais il a encore trois autres noms de baptême ; il se fait souhaiter sa fête quatre fois l’an.

— Et tiens-tu beaucoup à la lui souhaiter, sa fête ?

— Oh ! c’est lui qui paraît tenir à la chose ; il m’a fait gracieusement avertir par un de ses amis qui est huissier.

— Bigre ! et combien te faut-il ?

— Il ne me manque que trente-cinq francs.

— C’est grave, dit Romain en portant la main à sa poche avec un geste désespéré ; est-ce que son ami n’attendrait pas ?