Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/280

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Vous savez bien ce dont il s’agit, lui répondit-il avec mépris.

— Moi, je vous jure que je ne sais rien !

— Allons donc ! reprit l’impitoyable farceur, on sait que vous êtes la créature de notre chef, et on n’ignore pas que vous lui faites des rapports sur nous.

Cette révélation consterna Germinal. Il se voyait, lui innocent, accusé d’infamie, odieux à tous et perdu de réputation. Pendant quatre ou cinq jours, à moitié fou de douleur, il n’osa plus reparaître au ministère ; la réprobation générale l’épouvantait.

Enfin, un matin, il se décida à venir ; fort de sa conscience, il voulait se disculper.

Devant tous ses collègues, il entreprit, d’une voix émue et les yeux pleins de larmes, de prouver l’injustice des soupçons dont il était victime.

Son plaidoyer fut vraiment grotesque, mais ne désarma personne. On lui répondit qu’on n’était pas dupe de ses pleurnicheries.

Un des plaisants l’appela :

— Vieux Judas !