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LE CORSET.

mais encore des lésions anatomiques, ou des troubles fonctionnels qu’on risquerait d’aggraver par des pressions extérieures mal comprises.

Il faut être à même de diagnostiquer ces lésions ou ces désordres soit pour les combattre à l’aide du corset, s’il y a lieu, soit pour interdire aux femmes l’usage de cet appareil si l’on juge qu’il peut être nuisible. Les femmes nous cachent volontiers les affections dont elles sont atteintes, soit parce qu’elles les considèrent comme insignifiantes, soit parce qu’elles craignent de les connaître, soit enfin pour se soustraire aux obligations qu’un médecin ne manquerait pas de leur imposer.

Elles ont entendu parler par leurs amies d’un corset dont on se trouve bien, qui fait une jolie taille — c’est le seul fait qui les intéresse : elles veulent le porter, espérant en bénéficier, elles aussi, au point de vue esthétique ; mais comme leur état physiologique et leur conformation diffèrent, si le corset est appliqué dans les mêmes conditions il produit l’effet contraire et leur fait mal.

On ne saurait trop le répéter : le corset n’est pas un appareil inoffensif ; il joue un rôle actif vis-à-vis des viscères ; naturellement, il est placé sur le corps d’une façon immédiate et il est toujours serré. Cette action est bonne ou mauvaise selon que le corset est plus ou moins bien approprié ; mais elle existe et l’on voit que, pour triompher des difficultés occasionnées par la différence des formes extérieures et par l’état des organes internes, il est indispensable d’être pourvu des connaissances nécessaires qui donnent l’autorité, et d’une ferme volonté. Ainsi armés, nous pourrons indiquer toutes les dispositions à prendre et nous saurons varier les formes de l’appareil pour l’approprier à tous les cas qui peuvent se présenter.