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dans son embarras, pour reprendre le chemin de sa demeure et retourner à ses occupations ; mais comment abandonner les deux orphelins ? et quant à proposer à sa nièce de l’accompagner, elle eut mieux aimé tenir par les cornes un taureau furieux.

Et pourtant, il faudrait bien finir par parler. Si Louis voulait mener ses études d’ingénieur à bonne fin, sa sœur devrait nécessairement le quitter, elle était trop jeune, pour tenir un ménage ; du reste, il y avait une raison qui primait toutes les autres, l’argent manquait, c’est à peine s’il suffirait aux études du jeune garçon ; il ne resterait donc à Petite Nell qu’à accepter l’hospitalité de sa tante, jusqu’à ce qu’elle fût en âge de s’en aller seule par le monde, gagner son pain à l’aide de ce beau diplôme, obtenu au prix de tant de labeur.

Voilà ce que tante Olympe voulait dire à ses neveux et ce qu’elle ne trouvait jamais le courage de leur communiquer, quand une lettre d’oncle Nestor vint faire cesser toute hésitation.

Après l’avoir lue et relue, elle se décida à appeler sa nièce auprès d’elle.

— Nellie, dit-elle, je viens de recevoir une lettre qui me met dans un grand embarras, car j’aurais voulu rester avec vous jusqu’aux vacances de Louis et vous emmener alors tous les deux chez moi, mais oncle Nestor m’écrit… que mon jardin est en très mauvais état et qu’il n’a pas le temps de s’en occuper, et… il est décidé, si je ne rentre pas de suite, à prendre une servante.

— Alors, fit Petite Nell, dont la figure sérieuse était restée impassible, si oncle Nestor prend une ser-