Page:Garneau - Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, tome I, 1845.djvu/315

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
316
HISTOIRE

été adoptée, dont nous parlerons en son lieu, remettant à alors à exposer nos observations sur les effets des deux systèmes pour la prospérité publique.


L’on a reproché aux Canadiens d’avoir mal formé leurs établissemens, et d’avoir placé leurs habitations à une telle distance les unes des autres qu’elles n’avaient point de communication ; qu’elles étaient hors d’état de se secourir contre les attaques des Sauvages. L’on sait que le premier besoin du cultivateur est une communication facile pour transporter ses denrées au marché. Le St.-Laurent se trouva pour lui une route toute faite, sur les bords de laquelle le sol était en outre d’une extrême fertilité ; les établissemens au lieu de s’étendre dans toutes les directions autour d’un centre commun, se disséminèrent naturellement le long de ce fleuve. L’expérience du reste a démontré qu’en général ce système était le meilleur, et que plus on a éparpillé les établissemens dans un vaste cercle, plus leurs progrès ont été rapides, parcequ’une fois les noyaux formés, ils grossissaient ensuite simultanément et en peu de temps : témoin les États-Unis où plusieurs provinces ont été fondées à la fois, et même le Bas-Canada, qui est de toutes les colonies commencées par Louis