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DU CANADA.

partir pour leurs cantons ; et, afin de leur faire voir qu’on pouvait aller chez eux par eau, et que les obstacles de la communication n’étaient pas tels qu’ils ne pussent être vaincus, soit pour le commerce, soit pour la guerre, il remonta en bateau tous les rapides, de Montréal au lac Ontario. Son voyage eut un plein succès ; mais les fatigues qu’il y avait endurées, altérèrent tellement sa santé, qu’il fut obligé de demander son rappel, afin, disait-il dans sa lettre au ministère, que s’il avait le bonheur de recouvrer ses forces, il pût aller se faire tuer pour le service du roi, comme avaient déjà fait tous ses frères. Il ne repassa en France cependant qu’en 1672.

Le séjour que fit M. Talon à Paris, ne fut pas inutile au Canada. Il s’y occupa activement des intérêts de cette colonie, et surtout des moyens de grossir l’émigration, qui marchait beaucoup trop lentement à son gré. Le roi lui permit d’y envoyer sans délai cinq cents familles. Les Récollets profitèrent de sa présence pour solliciter de la cour la permission de retourner en Canada, dont les Jésuites, comme nous l’avons déjà dit, avaient eu l’adresse de les faire exclure. Ils obtinrent ce qu’ils demandaient avec d’autant plus de facilité qu’ils furent probablement appuyés par lui. En 1669, Talon repartit pour l’Amérique