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DU CANADA.

gloire de repousser avec mépris les propositions avilissantes des Anglais, et de signer avec le gouverneur du Canada, lorsque son armée était à leurs portes, un traité déshonorant pour les Français,

À peine le gouverneur était-il arrivé à Québec, qu’un renfort de soldats venant de France entra dans le port. Quoique la paix fût faite, ce secours ne fut pas regardé comme inutile, parceque l’on comptait peu sur sa durée, et qu’on la regardait plutôt comme une espèce de trêve que comme un traité définitif. Tout le monde fut d’opinion que l’intérêt de la colonie exigeait impérieusement que l’on défendît à quelque prix que ce fût les Illinois, abandonnés à la vengeance de leurs ennemis par le traité, et qu’il fallait être prêt à la guerre, parce qu’ils pouvaient être attaqués au premier moment. Cette nécessité n’avait pas échappé à la perspicacité des Iroquois eux-mêmes, qui ne crurent pas plus à la conservation de la paix que le Canada. C’est ce qui fut confirmé par deux lettres reçues l’année suivante du P. Lamberville, missionnaire chez les Onnontagués, où il était en grande vénération.

Ce religieux mandait que les Tsonnonthouans n’étaient pas sortis de leur canton de l’hiver pour aller à la chasse, de peur que nous