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HISTOIRE

tant plus grand que le vaisseau portait les munitions de guerre et presque tous les outils et autres objets nécessaires pour commencer un établissement dans un pays inculte et sauvage. M. de Beaujeu, loin de punir le coupable, le reçut sur son bord pour le soustraire à la vengeance de la Salle. Cette entreprise, dans laquelle ce dernier avait éprouvé toutes sortes d’obstacles depuis l’opposition commencée par M. de la Barre, fut poursuivie jusqu’à la fin par une espèce de fatalité. M. de Beaujeu, trahissant son devoir et les intérêts de son pays pour de misérables motifs, refusa sous des prétextes frivoles à la Salle diverses choses pour remplacer celles qui avaient été perdues dans le naufrage ; et il abandonna à son sort, le 14 mars, la jeune colonie, composée d’environ 180 personnes, sur la plage inconnue où le hasard l’avait conduite.

Elle commença aussitôt à travailler à la culture et à se faire un fort pour se mettre à l’abri des attaques des Indiens. Lorsqu’il fut assez avancé, la Salle remonta la rivière aux Vaches sur laquelle il en fit commencer un second dans un endroit plus avantageux à deux lieues seulement de la baie, et lui donna le nom de St.-Louis, ayant toujours présent à la pensée celui du grand roi qui le protégeait. Placé sur une éminence, il commandait une vue superbe du côté de