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HISTOIRE

cents hommes, faisant évacuer devant lui, et après sommation, un petit fort occupé par le capitaine Trent ; et rendu sur le bord de l’Ohio, il y éleva le fort Duquesne en 1754 (Pittsburg). En même temps l’ordre était donné à tous les commandans français dans ces contrées de s’assurer des Sauvages par des présens ; des détachemens de troupes étaient stationnés aux forts de Machault et de la Presque’Isle entre le fort Duquesne et le Détroit ; des vaissaux étaient mis sur les chantiers des lacs Érié et Ontario pour le service des transports, et le gouverneur de la Louisiane était informé de tout ce qui se passait, et recevait instruction d’engager les Indiens de son gouvernement à se joindre aux forces qui étaient sur l’Ohio. M. de Contrecœur apprenant qu’un corps considérable de troupes anglaises marchait à lui sous le commandement du colonel Washington, chargea M. de Jumonville d’aller à sa rencontre, et de le sommer de se retirer, attendu qu’il était sur le territoire français. Cet officier partit avec une escorte de 30 hommes ; il avait reçu ordre de se tenir sur ses gardes de peur de surprise, tout étant en confusion dans la contrée, où les Indigènes ne parlaient que de guerre ; il choisissait en conséquence ses campemens de nuit avec précaution. Le 17 mai (1754) au soir il s’était retiré dans un vallon pro-