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DU CANADA.

niqua aux Iroquois auxiliaires ; en peu de temps elle eut fait périr plus de 300 hommes. Les Sauvages, effrayés de cette mortalité, se hâtèrent de s’éloigner des Anglais, qu’ils accusèrent de les avoir empoisonnés. Les troupes de Winthrop, déjà découragées par la division des chefs, et affaiblies maintenant par la contagion, se retirèrent d’abord à Albany, puis abandonnèrent leurs drapeaux, et chacun rentra dans ses foyers. Ainsi se dissipa le nuage qui, suspendu au flanc des montagnes du lac George, menaçait le Canada du côté de l’occident. À la première nouvelle des mouvemens de cette armée, le comte de Frontenac avait fait rassembler à la hâte les troupes, les milices, et les Indiens dont il pouvait disposer. Douze cents hommes s’étaient trouvés réunis à la Prairie de la Magdeleine pour barer le chemin aux ennemis, et leur disputer la victoire sur la rive droite du St.-Laurent.

La retraite de Winthrop débarrassa le gouverneur d’une grave inquiétude, car il dut croire alors que l’attaque de l’Acadie avait occupé trop longtemps l’Amiral Phipps pour lui permettre d’entreprendre celle de Québec dans la même saison, et que c’était là peut être le motif réel du décampement de l’armée de terre, explication raisonnable vu que les deux forces devaient agir simultanément. Il se préparait donc à redescendre à Québec pour renvoyer