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HISTOIHE DU CANADA.

voi de berges chargées de troupes ; mais on fit une faute en ajournant le débarquement au lendemain. On donna le temps à l’ennemi d’appeler à lui des secours des environs et de faire ses préparatifs pour disputer l’approche du rivage. On fut repoussé lorsqu’on voulut y descendre, et il fallut aller mettre pied à terre plus loin. On réussit à débarquer malgré un feu très vif et on obligea l’ennemi à se retirer dans les abattis d’arbres qu’il avait préparés.

La flotte dont l’appui était nécessaire aux opérations de sir George Prevost, se trouvait dans le moment très en arrière faute de vent. Quoiqu’agir sans elle, c’était beaucoup risquer, les soldats s’élancèrent à la bayonnette pour nettoyer les bois. Ils s’avancèrent jusqu’aux ouvrages qui couvraient l’ennemi et qui étaient composés du blockhaus et de batteries que Prevost ne voulut point attaquer sans l’artillerie de la flotte. En effet leur conquête, quand bien même elle eut été possible, eut coûté beaucoup plus de sang qu’elle n’eut valu si l’ennemi eut fait la moindre résistance. Il donna donc l’ordre de la retraite, qui se fit malheureusement avec tant de précipitation que nombre de blessés tombèrent entre les mains de l’ennemi. Les Américains qui s’étaient crus un moment perdus, avaient mis eux-mêmes le feu à leurs magasins de marine, à leurs hôpitaux et à leurs casernes pour prendre la fuite. Tout fut consumé avec les trophées faits à Toronto.

Cet échec des armes anglaises qui en était à peine un, était alors vengé par le colonel Harvey. Nous avons vu tout à l’heure que le général Vincent s’était retiré sur les hauteurs de Burlington suivi de l’armée américaine, qui vint camper près de lui. Harvey lui proposa de la surprendre, et fit agréer son projet par son général, qui lui donna 700 hommes pour l’exécuter. Harvey tomba sur les Américains dans la nuit du 5 au 6 juin, les chassa de leur position, fit prisonniers les généraux Chandler et Winder, et s’acquit beaucoup d’honneur par son audace et son sang froid.

Les Américains éprouvèrent encore d’autres échecs. À la fin de juin, un de leurs bataillons s’étant cru cerné par des forces supérieures, se rendit à discrétion au lieutenant Fitzgibbon à quelques milles de Queenston. Dans le mois de juillet les Anglais surprirent encore et brûlèrent Black-Rock où le colonel Bishop paya cet audacieux coup de main de sa vie.