Page:Garneau - Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, tome IV, 1852.djvu/117

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
121
HISTOIRE DU CANADA

bec, pour compléter l’équipage de cette flottille. L’armée anglaise destinée à agir contre Plattsburgh, se concentra entre Laprairie et Chambly.

Le général Wilkinson qui commandait l’armée américaine du lac Champlain, fut remplacé par le général Izard après son échec à Lacolle. Les événement d’Europe obligeaient l’ennemi à changer de tactique et à se renfermer dans la défensive. Il prévoyait déjà la nécessité de faire une paix prochaine, pour ne pas avoir toutes les forces de l’Angleterre sur les bras. Le général Izard partit dans le mois d’août avec 5000 hommes pour aller renforcer, à la tête du lac Ontario, l’armée du fort Érié. Il laissa 1500 soldats seulement à Plattsburgh. C’était inviter les Anglais à précipiter leur attaque.

Prevost mit son armée en branle. Il traversa la frontière à Odeltown, occupa Champlain le 3 septembre et le camp retranché abandonné par l’ennemi sur la rivière Chazy, puis marcha de là en deux colonnes sur Plattsburgh, repoussant devant lui de nombreux corps de milice. Il atteignit cette petite ville le 6. Le colonel Bayard avec la moitié du régiment de Meuron chassa de la partie de Plattsburgh située au nord de la rivière Saranac les Américains qui se retirèrent sur la rive opposée, d’où ils se mirent à tirer à boulets rouges et incendièrent plusieurs maisons. Les Meurons firent un riche butin. La cavalerie américaine qui était magnifique combattait à pied. On voyait au télescope la longue file de leurs chevaux attachés au piquet. L’infanterie alla occuper les hauteurs que couronnaient trois fortes redoutes, des blockaus armés de grosse artillerie et d’autres ouvrages de campagne. La flottille ennemie du commodore MacDonough s’éloigna hors de la portée de ses canons. La flottille anglaise du capitaine Downie suivait à quelque distance le mouvement du général Prevost.

Ce général fit préparer ses batteries pour l’attaque en attendant l’approche de Downie, dont la coopération était nécessaire aux troupes de terre. En arrivant Downie, profitant du vent, engagea à la vue de toute l’armée qui était sous les armes, le combat avec la flottille ennemie. Mais la frégate qu’il montait s’étant trop avancée se trouva exposée au feu de deux batteries et d’une frégate américaines. À la première décharge, Downie fut tué