Page:Gautier-Lopez - Regardez mais ne touchez pas.djvu/26

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DON GASPAR.

Eh ! bien, oui… je l’avoue… c’est moi qui ai eu le périlleux honneur de porter secours à Sa Majesté…


BÉATRIX.

Noble jeune homme !


LA REINE.

Cœur dévoué !


GRISELDA.

Digne rejeton du Cid !


LA REINE, allant à lui.

C’est vous !… vous qui n’avez pas craint, pour sauver la reine, de vous exposer à un châtiment terrible… Ah ! soyez sûr, Monsieur, que la reine comprend toute l’étendue de votre dévouement… si elle était ici, elle serait heureuse de vous remercier !


DON GASPAR.

Qui êtes-vous, pour connaître ainsi les sentiments de la reine ?


LA REINE.

Une femme pour qui Elisabeth Farnèse n’a point de secrets… une de ses amies… car, les reines peuvent en avoir. (Elle prend la main de Béatrix.)


GRISELDA.

Prenez garde !… je vois briller à travers les arbres les torches de l’escorte.


DON GASPAR.

Je suis perdu !…


LA REINE.

Non pas !… nous vous cacherons cette nuit, au palais même.


BÉATRIX.

Mais en attendant, mon Dieu ! que faire ?…


GRISELDA.

Ah ! ce pavillon !… entrez-y vite !…


LA REINE.

Un page viendra vous y chercher. (Il entre dans le pavillon à droite. Un moment après, le comte entre avec la suite de la reine.)




Scène VII.


DONA BÉATRIX, LA REINE, LE COMTE, GRISELDA, suite de la reine, deux pages, laquais, portant des torches.



LE COMTE.

Par ici, Messieurs, j’aperçois Sa Majesté… Votre carrosse vous attend, Madame, avec les huit mules de rigueur.


LA REINE, à un page.

Prends ces doublons, Hilario !…