Page:Gautier - Œuvres de Théophile Gautier, tome 2.djvu/128

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flatter d’être empaillé et mis sous verre après sa mort ? Qui sera jamais regretté comme une chatte à longs poils ou un chien sachant faire l’exercice ?


CHAPITRE XV


Les postillons revêtus de leur casaque vert tendre faisaient joyeusement claquer leur fouet, et la calèche roulait si rapidement, que les roues ressemblaient à un disque étincelant et qu’il eût été impossible d’en distinguer les rayons.

La poussière soulevée n’avait pas eu le temps de s’abattre que la voiture était déjà hors de vue. ― Les équipages le plus chaudement menés restaient en arrière, et cependant pas une goutte de sueur ne mouillait le poitrail des chevaux gris pommelé ; leurs jambes, minces et sèches comme des jambes de cerf, dévoraient le chemin qui filait sous eux, gris et rayé, comme un ruban qu’on roule.

Musidora, nonchalamment renversée sur les coussins, se laissait aller aux plus amoureuses préoccupations ; son teint transparent rayonnait éclairé de bonheur, et sa petite main, gantée de