Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/100

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— Il est trop sévère, dit Hillel, on peut les considérer comme le corps.

— Mais pourquoi y a-t-il honte à sortir avec des souliers raccommodés ? s’il est pauvre…

— Ah çà ! laissons un peu les souliers rapiécés et toute cette parfumerie ! s’écria Hérode d’une voix qui fit tressauter de surprise tous les assistants. Je ne suis pas la dupe de vos naïfs discours ; dites donc plutôt ce que le ciel nous annonce, si vos sottes discussions vous ont permis de lever les yeux vers lui. Saviez-vous qu’il vient de naître en Judée un roi qui n’est pas mon fils ? le Messie, peut-être ! Est-ce vrai ? Le saviez-vous ?

— Nous le savions, et c’est véritable, dit Abtalion en se levant.

Alors Hérode entra dans une colère furieuse, se répandant en injures et en menaces. Mais Hillel dont la merveilleuse patience était célèbre, répondit avec douceur :

— Nous craignions, Maître, te sachant souffrant, que la nouvelle n’aggravât ton mal.

— Ah ! vous me croyez malade ! s’écria le