Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/117

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— Et quelle est, d’après toi, la femme la plus désirable ?

— C’est la femme à la peau claire et transparente, à l’haleine parfumée ; celle qui ne dépasse jamais le devant de sa porte, qui est attentive à tenir tous ses vases garnis de provision, soigne son ménage et sait, lorsqu’il le faut, mettre de l’eau dans son lait et gouverner les économies de la famille ; mais la meilleure de toutes, c’est celle qui tient un fils sur son bras, dont un fils suit les pas, et qui porte un troisième fils dans son sein.

— Et la plus détestable femme ?

— C’est la femme maigre et débile, au teint sombre, à la voix haute et criarde, qui en marchant fait vent et poussière, qui tient une fille par la main et n’est jamais grosse que d’une fille ; c’est celle enfin qui, priée de parler se tait, et priée de se taire, parle.

Cette sagesse pratique, qui était un des plus grands mérites de Hind, n’excluait pas chez elle la rêverie et une poésie plus douce ; elle