Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/132

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Mais le prince Naufel vint bientôt les arracher l’un à l’autre : le khan des Nadites était implacable.

— Au premier mouvement de ton armée, avait-il dit, Leïla sera morte, tuée par mes mains ; tu auras la victoire, c’est possible, mais tu ne vaincras pas ma volonté.

Il fallait fuir, pour revenir plus tard enlever Leïla, avant de commencer la guerre.

Ils partirent, et, peu de jours après, on envoya vers Leïla un messager afin de convenir avec elle du jour et des moyens de la fuite.

Le messager revint, avec cette terrible nouvelle : Leïla est mariée et l’époux emmène sa jeune épouse.

Mais elle faisait savoir à Keïs, par une lettre, que, malgré ce nouveau coup du sort, elle lui resterait fidèle, qu’elle se tuerait avant d’appartenir à un autre.

L’amant infortuné s’enfuit de nouveau dans le désert ; il reprit sa vie errante, redevint Medjnoun, l’insensé par amour, et de longs et