Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/158

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tenant je vois clair : il me croit coupable, il songe à me répudier !

Un bruit de pas rapides se fit entendre, et Abou-Bekr se précipita dans le harem, si brusquement que la visiteuse n’eut pas le temps de se voiler. Il était hors d’haleine, avec le visage bouleversé,

— Ah ! ma fille ! un scandale affreux à la mosquée ! dit-il d’une voix entrecoupée ; tu es perdue !

Les trois femmes, épouvantées, l’interrogeaient.

Alors il raconta comment le Prophète, mortifié des bruits calomnieux qui frappaient sans cesse ses oreilles, était monté en chaire et avait dit :

— Musulmans, on tient des propos qui me blessent. Comment se permet-on d’attaquer une personne de ma maison, dont la conduite a toujours été irréprochable, et un homme dont je n’ai jamais eu qu’à me louer ?

Aussitôt plusieurs chefs s’étaient levés, parmi l’assistance, les uns pour prendre la