Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/184

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caravane longtemps égarée qui se rue, affolée de soif, à la source de l’oasis, j’ai bu, j’ai bu le poison de son amour !

— Qu’espères-tu, femme adultère ? dit Aly, debout et irrité ; la loi est formelle : tu seras lapidée. Croyais-tu donc que j’allais te pardonner ton crime ?

— Ai-je demandé grâce ? dit la coupable en se relevant, pâle et résolue. Je viens me livrer. J’ai commis le crime, je veux l’expier. Que ma chair soit meurtrie et déchirée, qu’elle ne fasse plus qu’une boue sanglante, un repas pour les chiens, et qu’ainsi elle sauve mon âme de l’enfer.

— La crainte de Dieu, seule, et l’horreur de ta faute te poussent-elles à cet aveu ? D’autres ne peuvent-ils te dénoncer ?

— Nul ne sait mon forfait, mais Dieu l’a vu, et j’attends le châtiment. Ô gendre du Prophète ! l’époux absent revient, fais qu’il apprenne l’expiation avant l’outrage ; fais qu’il retrouve morte celle qui n’est plus digne de vivre !