Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/188

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maintien grave, un peu infatuée du prestige qu’elle avait acquis depuis la mort du Prophète.

— C’est un sacrilège de toucher au trésor public, disait-elle, et d’employer l’argent de l’État à des dépenses privées.

— Othman, plusieurs fois déjà, a restitué les sommes qu’il avait prises, répondit Aly ; il eût fait de même, et tout ce bruit est vain.

— C’est toi qui le défends ! s’écria Aïchah, toi dont il a usurpé l’héritage, toi qui as plus de droits que lui au khalifat, toi dont il occupe la place !

— Un jour, répondit Aly avec calme, quand le saint Prophète nous eut quittés, Fathma, l’épouse chérie que Dieu m’a prise, révoltée par toutes les injustices dont nous étions victimes, voulut se plaindre publiquement. Au moment où elle s’élançait dehors, l’Ezan retentit au haut du minaret ; on cria « Dieu est Dieu et Mahomet est le Prophète de Dieu ! » Écoute, Fathma, lui dis-je, le nom de ton père résonne aux quatre coins du ciel. Veux-