Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/189

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tu que ce nom demeure ? Veux-tu qu’il plane ainsi au-dessus des hommes, pendant les siècles à venir ? Eh bien, ne récrimine pas, sacrifie les grandeurs humaines à la grandeur de la foi !… et Fathma n’a pas parlé.

— Il était noble, alors, d’agir ainsi. Mais les années ont passé, et la foi est invulnérable. Qu’Othman fasse une pénitence publique et te cède le pouvoir qu’il usurpe.

— Défie-toi, Aïchah, dit Aly avec un sourire mélancolique, ne prends pas trop ouvertement parti pour moi ; souviens-toi de la prophétie : tu dois un jour devenir mon ennemie et me faire la guerre.

Aïchah eut un tressaillement et baissa la tête.

Par-dessus les murs du harem, à travers les jardins, les murmures de la ville agitée arrivaient confusément, mais la Prophétesse ne les percevait plus ; elle écoutait autre chose, dans le passé, loin déjà une voix chérie qu’elle n’entendrait plus. Et elle murmurait redisant les paroles du Prophète :