Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/190

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— Une de vous sera égarée dans sa foi, elle fera un jour la guerre à Aly. » Nous étions toutes autour de lui, et Oummousalima demanda :

— Est-ce moi, maître ?

— Ce n’est pas toi. Prends garde, Aïchah, que ce ne soit toi !

Et comme je me récriais, il ajouta :

— Souviens-toi du village de Zikar, là, tu seras aboyée des chiens…

Aïchah releva le front, après une longue rêverie.

— Tu as raison, Aly, dit-elle ; pas de dissension entre nous. Va, au nom du Prophète, toi, qui es de son sang, apaise les colères, étouffe l’émeute, et qu’Othman soit pardonné.

Et Aly s’en est allé par la ville, de place en place, de groupe en groupe.

Quand le soleil couchant empourpre les dômes des mosquées, Médine est paisible et silencieuse. Il gagne alors sa demeure, l’Agréable à Dieu, un peu las, d’un pas alourdi.