Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/195

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Aly écoute des rapports. Il juge brièvement, sans appel. Pour révoquer un gouverneur négligent, il dicte ce distique :

« Les heureux par vous diminuent, les plaignants augmentent.

« Ce message en votre main : le pied à l’étrier. »

Les graves questions sont débattues ; puis le sujet s’épuise, et les conseillers se laissent aller à rire, à causer de diverses choses.

Alors Aly appelle un esclave et fait éteindre les lampes.

— Pour parler de nos affaires privées et de nos plaisirs, dit-il, nous ne devons pas user des lumières payées par le trésor public.

Les membres du diwân trouvent que le khalife exagère la probité ; ils le quittent, un à un, et murmurent, lorsqu’ils sont hors du palais.

La lune s’est levée, et la cour intérieure, toute bleue dans une brume légère, apparaît entre les minces colonnettes, par les baies en ogives festonnées. Aly va s’adosser à l’une