Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/210

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de Zobeïde. Elle ordonne qu’on lui amène cette femme qui, prise d’épouvanté, croyant son dernier jour arrivé, se met à hurler et à trembler de tous ses membres.

Revenue près du khalife :

— Vois-tu cette femme ? lui dit la reine, en lui désignant l’humble servante.

— Elle est peu réjouissante à voir.

— Tant pis si elle n’est pas de ton goût, car c’est elle qui, ce soir même, aura l’honneur de partager ta royale couche.

— Pouah ! Quelle horrible invention ! s’écrie le roi en riant de tout son cœur ; tu as beaucoup d’esprit, ma reine, et je suis surpassé, je l’avoue ; mais laisse maintenant cette folie, et dis ce que tu désires.

— C’est cela, maître, et non autre chose.

— Allons, assez plaisanté. Demande ce que tu veux, je te permets d’être exigeante.

— J’ai dit.

— Tu veux…

— Je veux que tu sois, ce soir même,