Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/221

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— Mourir ! dit-il en la serrant sur son cœur avec passion, mourir, quand nos lèvres n’ont pu effleurer encore un bonheur que toute une vie n’épuiserait pas ! Perdre la vie ce n’est rien, mais perdre l’amour, quelle douleur !

— Nous vivrons, dit-elle toute frissonnante, cette nuit même je te délivrerai, nous fuirons.

Avec une hâte fiévreuse, elle remonta à cheval et ramena le prince Nériman auprès des autres captifs.

— Il a failli mourir, dit-elle au gardien, tâche de te souvenir, une autre fois, que les esclaves sont une de nos richesses, et que les faire périr c’est voler ton maître.

Togrul passait à cheval ; il s’arrêta pour écouter sa fille :

— Par Allah ! lui crie-t-il, ne t’inquiète pas d’un pareil bétail, nos ennemis nous en fourniront toujours plus que nos étables n’en peuvent contenir.

— C’est vrai, dit Djémila avec un rire insouciant, et à la prochaine bataille je m’en-