Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/222

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gage à en ramener, à moi seule, tout un troupeau.

Elle s’enfuit, en caracolant, tandis que son père la suivait du regard, fier de lui voir autant de force et d’adresse qu’au plus brave de ses fils.

Un poignard en plein cœur a endormi le geôlier. Djémila guide son amant sous les voûtes sombres, à travers d’étroits couloirs, elle entend le cœur du jeune homme battre à grands coups.

— Ne crains rien, tout dort, dit-elle, en lui caressant l’oreille du bout des lèvres.

La nuit est étoilée, mais sans lune ; pas assez sombre au gré des fugitifs. Les sabots des chevaux sont enveloppés de lambeaux de tapis qui étouffent le bruit de leurs pas ; à travers la ville, avec mille alarmes, on les guide lentement par la bride ; puis, en selle, et dévorant le steppe dans un galop effréné.

Après plus d’une heure de cette course folle, ils s’arrêtèrent pour reprendre haleine.

— Libre ! libre ! s’écria Nériman en aspirant