Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/227

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de repos en attendant la venue du jour.

Ils étaient bien résolus à veiller, mais le sommeil triompha de leur volonté et ils s’endormirent profondément.

Le prince Nériman fut brusquement éveillé par un cri terrible. Il se dressa, et le jour, qui se levait, lui montra un spectacle qui le pétrifia d’épouvante.

Un serpent d’une taille gigantesque, dont les replis formaient des festons de branche en branche, et traînaient en grandes ondes sur le sol, avait saisi Djémila par les jambes, dans sa gueule béante, et lentement l’aspirait.

Malgré les souffrances qu’elle éprouvait, malgré les yeux effroyables, fixes, sans paupières, dardant, de tout près, sur elle un regard métallique, dans cette situation atroce, l’héroïque jeune fille ne perdait pas son sang-froid.

— Tire ton sabre, dit-elle à Nériman, et sépare la tête du corps.

Le jeune homme, blême, les cheveux hérissés, ne fit pas un mouvement.