Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/231

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Mais c’est là-haut, cet homme pâle, à barbe noire, et coiffé d’un turban vert !

Au fait, nous sommes en pays musulman, et voilà l’heure où le muezzin chante l’Ezân, au sommet du minaret.


« Achadou enné Mouhammedan rasou-lou-llah ! Hayya ala s-salàti ! Hayya ala I-faiâh ! Allahou Akbar ! Lâ ilâha illâ’llah ! »


Toutes les bouches sont béantes, tous les yeux levés, tous les bras ballants, tandis que le muezzin, lentement, circule sur l’étroit balcon qui cerne, comme un collier, le haut de la tourelle, et qu’il chante vers l’orient, vers l’occident, vers le nord, vers le midi.


« J’atteste que Mahomet est l’envoyé de Dieu ! Venez à la prière ! Venez au salut ! Dieu est le plus grand ! il n’y a pas de divinité autre que Dieu ! »


Puis, brusquement, comme un diable dans une trappe, il rentre dans le minaret. Les pro-