Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/246

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sion commencent à ronfler. Voyons ce que va produire cet ensemble.

Oh ! l’étrange et confuse harmonie ! Des rumeurs, des murmures, un frisson d’arbres dans le vent, des gouttes de pluie sur les grandes feuilles rudes, des caquettements d’oiseaux, une cascade lointaine, l’écho sourd et rythmique des vagues dans une grotte marine. Rien que des bruits de la nature, une insaisissable mélodie. Quand la voix humaine se mêle au concert, inattendue, nasillarde, sans s’inquiéter de l’accord, le public s’égaye un peu.

Ne nous hâtons pas, cependant, de juger ce qui est si nouveau pour nous ; à ce qui nous fait rire, d’autres pleureraient peut-être, et ce qui nous émeut profondément les ferait rire. Confucius, un des plus grands esprits du monde, en visite chez le roi de Tsi, entendit une mélodie qui l’émotionna tellement qu’il en perdit, pendant trois mois, l’appétit et le sommeil. Des Orientaux, d’intelligence très supérieure, m’ont déclaré que nos meilleurs