Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/248

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Très jeunes, plus jeunes encore qu’elles n’en ont l’air, — l’aînée des quatre danseuses a douze ans, — avec leur carnation fauve, elles ressemblent à de jolies idoles dorées. De grands yeux noirs, très écartés l’un de l’autre, cernés d’un trait de khol remontant vers les tempes, les sourcils accentués au pinceau en deux arcs nets, le nez fin, l’ovale très pur, la bouche un peu épaisse, d’un dessin charmant, et découvrant, dans le sourire, de petites dents blanches un peu espacées ; mais il s’agit d’être très graves, très hiératiques, et de ne pas sourire.

La coiffure est d’un grand caractère ; deux des jeunes filles ont un diadème d’or ajouré, encadrant le front, comme en portent les déesses à huit bras ; contre l’oreille, qu’elle laisse à découvert, et s’appliquant sur les cheveux, une sorte d’aile, en or ciselé ; sur le chignon, un poisson d’or qui dégorge une houppe rouge. À la coiffure des deux autres danseuses, représentant des hommes, car elles ont un sabre sur les reins, s’ajoute, en cou-