Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/279

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


s’en aller dormir, à l’abri de quelque pagode, et descendit jusqu’au bord de la route. En la voyant, un cavalier, qui allait passer devant elle, arrêta brusquement sa monture.

— Vagabonde ! cria-t-il en lui jetant une pièce d’argent, réponds et dis la vérité, si tu ne veux pas mourir sous mon fouet. As-tu vu passer deux amants, il y a une heure environ, et de quel côté sont-ils allés ?

Celui qui interrogeait, c’était le prince Tamoura.

Komati n’avait qu’un mot à dire pour se venger cruellement des offenses anciennes, mais elle baissa la tête, honteuse d’avoir éprouvé une seconde ce désir.

— Es-tu sourde ? cria Tamoura en levant son fouet.

— Il passe bien du monde sur cette route, dit Komati, et les amants ne sont pas rares ; pourtant je crois avoir vu ceux que tu dis, il y a une heure à peine ; ils étaient si magnifiques, qu’il fallait, malgré soi, les remarquer.