Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/280

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— Ah ! où qu’ils se cachent, je les rejoindrai, et je les tuerai tous les deux ! dit Tamoura en grinçant des dents. Quelle route ont-ils prise ?

— Ils ont continué du côté de Kourama, dit Komati, en étendant le bras vers l’est.

Le prince s’élança dans cette direction, et disparut bientôt au tournant du chemin. Le bruit du galop de son cheval s’éteignit, peu à peu, dans la nuit.

Alors Komati retourna sur ses pas ; elle remonta le sentier, suivit le chemin par lequel Nari-Hira et Isako s’étaient éloignés tout à l’heure. Les allées se croisaient, s’emmêlaient, entre les arbustes de plus en plus touffus ; et Komati devait se baisser pour apercevoir des empreintes légères sur le sable fin.

Elle marcha, ainsi guidée, jusqu’à la palissade d’un jardin qui semblait abandonné ; mais alors, comme effrayée, elle recula de quelques pas.

— Hélas ! hélas ! soupira-t-elle, comme je suis méprisable encore ! Ce jardin était à lui !