Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/303

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La princesse s’assit sur le toit et se laissa glisser jusqu’à la gouttière, puis rentra dans le grenier. Alors, en jetant des cris affreux, elle dégringola les étages et se rendit dans la cour. Alors — bien que cette cérémonie fût généralement abandonnée — elle se mit à sauter de-ci de-là, pour témoigner qu’elle avait l’esprit égaré par la douleur. Elle retourna ensuite auprès de l’époux défunt, que l’on avait replacé sur son lit, et elle lui fit elle-même, en sanglotant, la toilette funèbre.

Quand il fallut le mettre dans le beau sarcophage sculpté, qu’elle connaissait depuis longtemps, elle perdit connaissance, ainsi qu’elle le devait.


Céleste n’avait pas de parents auprès d’elle ; dans la solitude où s’était retiré le philosophe, elle recevait bien peu d’amies et n’avait pas de voisins. Elle était là bien seule, avec son chagrin, bien seule et bien faible.

Le soir, les lettres mortuaires expédiées, elle prit le vêtement de grand deuil, en chanvre