Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/314

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de joie, et elle s’avoua que, de sa vie, elle n’avait été aussi heureuse.

Mais à ce bonheur succéda une angoisse extrême, quand on lui apprit que le jeune étranger avait eu une nouvelle crise, beaucoup plus grave que la première, et que ses jours étaient en danger.

Toute pâle et sans souffle elle s’élança dans la chambre. Le domestique était à genoux auprès du lit et pleurait, tandis que Li-Tiu, blême, immobile, les yeux clos, semblait mort.

— Ah ! mon bon maître, gémissait le serviteur, je ne puis plus rien pour vous ! Dans une heure vous nous aurez quittés pour toujours !

— S’il vit encore, pourquoi restes-tu là, stupidement, à geindre, au lieu d’essayer de le sauver ? s’écria Céleste hors d’elle-même.

Et elle ajouta, en secouant rudement le domestique :

— Je ne veux pas qu’il meure ! entends-tu ? Je ne le veux pas !