Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/325

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Les trompettes font entendre une fanfare, et les gongs vibrent, à travers les roulements des tambours. Le cortège impérial est en vue.

Un nuage de poussière, traversé de lueurs, s’avance dans la plaine, et l’on voit bientôt paraître les mules, caparaçonnées de soie jaune, qui portent le thé du Fils du Ciel. Elles vont d’un pas vif, sous leur légère charge qui parfume l’air autour d’elles.

Plus loin, apparaît un trône vide, tout en or, qui oscille sur les épaules de nombreux esclaves vêtus de satin rouge. Puis s’avance un escadron d’archers, à l’air fier et intrépide, montés sur d’élégants chevaux à la tête fine. Ils sont vêtus de vestes blanches, cernées de larges bandes sombres, de robes de peaux crânement relevées des coins et découvrant des bottes de velours noir. Ils portent en bandoulière le carquois hérissé de flèches, ainsi que l’arc verni, engagé dans un demi-étui de cuir frappé.

En vestes bleues et jaunes, les lanciers viennent ensuite, leur longue lance en travers du dos, le fer en bas, protégé par une gaine.