Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/38

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fines, au visage noble et pensif, qu’en ce moment une expression d’angoisse contractait.

Cependant, quand il eut vu celui qu’il ne quittait pas des yeux disparaître à l’angle de l’esplanade du Temple d’Isis, tout haletant, il ralentit sa marche et essuya son visage luisant de sueur dans un pan de sa robe de lin blanc. Il était sûr d’atteindre le jeune homme maintenant, et il semblait rasséréné. En effet, quand il déboucha à son tour sur la place du temple, il vit le fugitif assis sous un groupe de palmiers, le coude au genou, le front dans sa main, et si absorbé qu’il fallut le toucher à l’épaule pour attirer son attention.

— Horus, mon frère bien-aimé, pourquoi me fais-tu cette peine ?

Le jeune homme, en tressaillant, s’écria :

— Aménâa ! tu m’as suivi !

— J’avais cru deviner un projet funeste. Me suis-je trompé ?

Horus baissa la tête, silencieux.

— Tu voulais mourir ?…

— Je le veux encore ! s’écria-t-il avec véhé-