Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/51

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battirent des ailes ; des angles de la haute salle, des femmes, levant leurs bras empennés, s’envolèrent, heurtant les voûtes, dans un effarement.

Une rumeur gronda, qui s’enflait, pareille au bruit des grandes eaux. Et les momies, rejetant le couvercle des sarcophages, se soulevaient sur une main et regardaient. Quelques-unes s’asseyaient au bord de la couche funèbre ; d’autres surgissaient du sol, et, déchirant leurs bandelettes, s’enfuyaient ; une foule bientôt tournoya, plaintive, épouvantée et menaçante.

Horus, sans hésiter, toujours avançait. Son frère l’avait rejoint, l’embrassait d’un de ses bras, le protégeait à l’aide de la verge magique.

Mais, soudain, ils eurent devant eux un lac sinistre, dont l’eau noire semblait du basalte liquide ; un lac fait de tous les venins, de tous les poisons, des fièvres et des pestilences, et sur lequel flottaient une écume livide, des vapeurs mortelles.