Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/91

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leusement noir, les traits fins et réguliers, la bouche de la couleur vermeille d’une fleur de grenadier. Il est enveloppé dans un manteau pourpre qui lui couvre la tête et est retenu au cou par une corde d’or.

Il chevauche avec une grâce juvénile et beaucoup de majesté. Sans mettre pied à terre, il salue les deux rois, quand il est à leur portée.

— Verbe, Lumière et Vie ! s’écrie-t-il, nous réalisons le ternaire fatidique, nous pouvons marcher, maintenant. Si vous ne m’attendiez pas, je vous cherchais, car je savais vous trouver.

— Qui donc es-tu, mage au visage nocturne ? demanda Melkone.

— Je suis le descendant du plus grand des mages, car mon aïeul est Ménilek, le fils incomparable que Bilkis, la reine de Saba, eut de Salomon, roi d’Israël.

— Salut Bithisarca, roi de Saba, notre maître à tous ! dit Gathaspar en s’inclinant, et le vieux Melkone appuie la main sur son